dimanche 31 mai 2015

[Livre] Un soupçon légitime * Zweig

Le lycée a ça de bon qu'il vous fait découvrir de nouveaux auteurs.
J'ai donc découvert Stefan Zweig en terminal, à travers "Le joueur d'échec".
Un roman incroyable sur l'une des facettes peu connue de la seconde guerre mondiale.
Depuis, il est devenu l'un de mes auteurs favoris.



Stephen Zweig

 

Stephen Zweig est un auteur autrichien né le 28 septembre 1881.
Il s'est suicidé au Brésil avec sa compagne le 22 février 1942, ne supportant pas de voir plus longtemps l'occupation nazis en Europe.


Il était docteur en philosophie, traducteur, poète et romancier.
Il brille notamment par des nouvelles bouleversantes tel que "24 heures de la vie d'une femme"

Si il y a bien quelques mots qui le décrivent à la perfection, ils viennent directement de lui:


J'ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu'à les juger.
 
En effet, Zweig décortique la nature humaine avec un talent fou!
Il faut dire qu'il est bien entouré puisque l'un de ses proches amis n'est autre que Sigmund Freud.


Zweig rêvait d'avoir la connaissance psychologique sur l'homme tel que Freud l'avait.

Et Freud rêvait d'avoir l’imagination de Zweig, d'imaginer et mettre en scène des bouts de vie avec un talent littéraire plus que certain.

L'auteur rêve d'être psychologue quand le psy rêverait d'être l'auteur.

Deux admirables "décortiqueurs" d'humain en somme.


Un soupçon légitime: une nouvelle inédite

 

Il s'agit d'une nouvelle inédite en France puisqu'elle a été traduite de l'allemand seulement en 2009.


Dans cette édition, la première partie est en français, la deuxième en allemand. Parfait pour les bilingues qui ont l'occasion ici de découvrir cette nouvelle dans sa version originale.

(L'allemand est bien trop loin pour moi pour m'y atteler et je n'ai jamais été performante dans cette langue...)

Mais je soupçonne l'éditeur de l'avoir mis également en allemand, pour en faire un livre plus consistant et donc pouvoir le vendre.
Ce qui est tout de suite moins attrayant.



L'histoire est simple



Un couple de retraités voit arriver de nouveaux voisins.
Ils sont heureux et amoureux mais n'arrivent pas à avoir d'enfant.
Ils se voient offrir un chien par leur voisins émus de leur situation,
et l'élève et l'aiment comme si c'était leur propre enfant.
C'est d'ailleurs plus l'homme qui montre un engouement particulier à la bête plutôt que la femme.

Et un jour, l'enfant tant espéré arrive.

Je ne pourrais pas vous en dire plus, même si malheureusement, le titre et le résumé au dos vous donne un aperçu bien trop claire du déroulement de l'histoire.


Mon avis

 
 

Stephen Zweig brille par les analyses profondes qu'il fait de l'humain. 


Toujours avec une qualité littéraire simple mais efficace, poussée et poétique.

Il prend un sentiment et le monte à son paroxysme pour voir ce qu'il en résulte. Jusqu'où l'humain peut-il aller?

Qu'est ce qui peut expliquer ses erreurs et maladresse?

Quelles en sont les causes et les conséquences les plus dramatiques?

Ici donc nous avons un trait d'analyse intéressant: 

Le rapport de l'homme à son chien.
Mélangé à cela, un évènement de la vie quotidienne:
L'arrivée d'un enfant.


Il nous pousse à réfléchir à notre quotidien, pour le peu que cela nous arrive (bébé + animal de compagnie) et c'est peut être ça qui m'a déçu dans cette nouvelle: Il nous pousse à réfléchir là où d'habitude Sweig ne nous laisse pas le temps de réfléchir et nous invite avec fracas au côté le plus obscur de nos vie,
nous mets face à des choses auxquelles on n'aurait même pas pensées, ou auxquelles on n'osait pas imaginer..


 

Pour conclure 
 
 
 
 
C'est une nouvelle que je vous recommande pour commencer Zweig à la façon d'un apéro léger, et sans alcool. Il se lit très rapidement et fera travailler vos neurones un minimum pour que vous puissiez être attirés par d'autre ouvrages de cet auteur.
Si vous le connaissez déjà alors non, je ne le vous conseille pas. Trop fade. Nous laissant comme un goût de trop peu.



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