jeudi 2 octobre 2014

[Octobre Rose] Mon témoignage

Dans le cadre de la campagne d'information "Octobre Rose", j'avais envie de vous publier, voire même plutôt republier un témoignage. En effet cette campagne veut mobiliser le plus grand nombre de personne à travers des écrits, des dessins, des témoignages etc... afin de sensibiliser le plus grand nombre de femmes à la mammographie.

 
Donc voilà mon expérience avec le cancer du sein. La mort via le cancer du sein. Et ce refus d'avoir voulu passer une mammographie. Ses conséquences.


 
 
 

 
Alors je voudrais vous parler du cancer du sein. Cancer qu'à eu ma mère et qui l'a dévasté.
 
Bon, beaucoup doivent déjà avoir les yeux écarquillés vu que c'est quand même un cancer qui se soigne bien.

Il se soigne bien grâce à la prévention. Un cancer du sein pris à temps n'a qu'un faible risque de vous faire mourir.

3 cancers du sein sur 4 sont guéris.

C'est le cancer le plus souvent diagnostiqué dans le monde. Et il survient bien souvent après 50 ans. Ma mère en avait 51.
 
Bon, il y a plusieurs types de cancer du sein et je ne peux pas me placer en temps que médecin pour vous faire ce billet. Si vous avez des questions spécifiques, voyez cela auprès de votre médecin ou votre gynécologue. Je voulais juste vous offrir mon témoignage face à cette épreuve.
 




 
Un peu plus d'un an avant son décès, elle a détecté une boule au sein. Bon, elle avait beaucoup de mastoses depuis très longtemps donc elle n'a pas voulu aller consulter. Et puis, elle avait peur des mammographies car ayant une très petite poitrine, l'exercice se révélait très douloureux puisque le sein doit être écrasé. Bref...
 
Donc par peur de la mammographie elle a préféré laisser couler. Je lui avais bien à maintes reprises demandé de consulter mais ma mère avait un sacré caractère et m'envoyait bouler bien comme il faut. Une tête de mule contre qui il était très difficile de tenir tête. Bah, elle était pas taureau ascendant taureau pour rien...
 
Et puis plusieurs mois après, elle a commencé à avoir mal au dos. Rien d'étonnant avec une cyphose et une scoliose au dos...elle marchait une heure par jour, elle avançait dans l'âge donc jusque là rien d'anormal.
 
Je lui avait bien demandé de consulter car les maux de dos peuvent s'aggraver très vite!
 
Et en février 2011 elle a une quinte de toux en pleine nuit. Et ça craque au niveau de ses côtes. Résultat: Bah de belles douleurs intercostales. Rien d'étonnant! Les douleurs intercostales arrivent plus facilement qu'on ne le pense et personnellement, je n'ai pas eu besoin d'une quinte de toux! 
 
Mais les douleurs au dos et aux côtes s'amplifient. Rien d'étonnant vu qu'elle n'avait pas consulté de médecin et qu'elle continuait à faire une heure de marche par jour! Elle avait besoin de repos! Mais elle refusait toujours d'aller chez le médecin. Bourrique va.
 
Et les mois passent, et l'appétit disparaît. Rien d'étonnant: A force de lutter contre la douleur ma mère était épuisée. Et l'épuisement coupe l'appétit. C'est bien connu! Bien que ce fût étonnant au vu de son appétit légendaire.
 
Et le mois de mai arrive, avec ses 51 ans. Et elle n'en peut plus...elle a toujours de plus en plus mal au dos à un point tel qu'elle a de vives douleurs qui lui arrachent des larmes. Elle continue pourtant d'aller travailler...une heure de marche par jour...pour y aller et revenir. Elle décide néanmoins de consulter.
 
Elle doit faire une série d'analyses: Il y a une infection. Mais le médecin ne sait pas trop d'où ça vient. Elle est anémiée. Bah, rien d'étonnant puisqu'elle n'arrive plus à manger. Elle a un traitement au fer qui l'a constipe. Bah rien d'étonnant. 
 
Mais elle ne va toujours pas mieux et lui demande un arrêt de travail qu'il décide enfin à lui mettre. Mais elle ne va pas mieux. Toujours pas mieux. C'est de pire en pire, elle est essoufflée rien que pour parler. Je commence à avoir peur. Elle aussi. Nous avons tous peur.
 
Mais le médecin ne s'alarme pas. Rien d'étonnant vu qu'elle est en très bonne santé. 
 
Alors il fini par lui dire d'aller voir un rebouteux (C'est le terme qu'il a employé). Un ostéo j'entends. Elle en choisi un, nous sommes à la mi-juin. Elle vient avec ses radios du dos qui présentent une vertèbre de cassée. Il est également généraliste, mais ne dira rien sur son collègue. 

Il ne veut pas la manipuler car l'infection est trop importante dans ses analyses. 

Il s'étonne que son médecin ne lui ai pas fait passer une radio des poumons suite à son essoufflement intense. Elle est fumeuse. Logique. Rien d'étonnant.
 
A la vue des radios présentant  un épanchement de la plèvre, il invite vivement ma mère à se faire hospitalisée. Vu son état il est impossible qu'elle court à droite et à gauche pour d'autre analyse: L'hôpital sera le meilleur moyen de se reposer et d'avoir tout un corps médical à sa disposition.
 
Elle y rentre le 26 juin. Service pneumologie.
 
Elle se fait opérer de la plèvre (tissu enveloppant les poumons). Moi: "Mais tu vois, c'était tout simplement ça! C'est pas grave! On va tout te retirer, cet épanchement et tout et tout et après hop hop hop tu pourras te rétablir!"
 
Mais son état empire. La biopsie de la plèvre révèle la présence d'un cancer. Un cancer de la plèvre. Pire, une métastase. Reste à savoir d'où vient ce cancer.
 
Et il y a cette boule au sein, qui est tellement grosse qu'on l'a distingue sans peine à l'oeil nu. Pas besoin de s'approcher. Au touché, c'est dure comme de la brique...
 
Le cancer vient du sein. Le cancer d'origine est un cancer du sein.
 
Mais elle est faible, très faible. Elle n'arrive toujours pas à s'alimenter et tant qu'elle n'aura pas repris des forces elle ne pourra pas commencer de chimio. (Ni marcher, ni se déplacer ni ...)
 
La morphine ne la soulage guère et l'oxygène mis au maximum n'est pas toujours suffisant.
 
Mais elle n'a que deux cancers. Ça ira, elle a la force pour les combattre. "Parle à tes cancers Maman" lui disais-je souvent. 
 
Et la morphine l'a fait halluciner. Bon, c'était drôle, surtout le jour où elle ne m'a pas reconnu. Le jour où elle m'a dit que je ne pouvait pas m'appeler comme sa fille. Je lui ai demandé si elle connaissait beaucoup de femme avec un gros bidon. Elle me dit que oui, la femme enceinte de son entourage c'est la femme à Jéjé. Et elle me regarde et me dit: "Mais attend, si tu es la soeur de mon fils?! Mais....merde putain sérieux je deviens folle...!" Grands éclats de rire. C'est les effets de la morphine. Perso en réa suite à la naissance de Louis, je voyais des bateaux naviguer dehors...Rien d'étonnant.

 
Alors je m'interroge: Est-ce que nous savons vraiment tout? Vu qu'elle perds la tête avec la morphine? Mon frère se charge alors d'aller parler à son médecin:
 
C'est un cancer du sein qui a métastase à la plèvre, aux poumons et aux os.

Plèvres et os: Les cancers les plus douloureux qui puissent exister.

Il nous explique qu'elle ne guérira pas. Nous sommes effondrés. 

Le 6 août, c'est la dernière fois que nous l'avons vu. Cela a été très pénible. Pas tant pour nous, enfin si...mais surtout pour elle. Crise d'angoisse, douleurs atroces, sensations inhumaine d'étouffer. Une douleur inhumaine. Une fin inhumaine. Une agonie terrible, infernale. 

 
 
Et si seulement elle avait été voir son gynécologue lors de la découverte de cette boule? Serait-elle passé par ces mois, ces jours d'atroces souffrances? Est-il possible qu'elle puisse voir évoluer son premier petit fils? Est-il possible qu'elle soit encore là? Oui.

 
Elle n'est plus là car elle a jouer à la politique de l'autruche. Je ne lui en veut pas. C'était SA décision.

Mais les filles, si demain vous détectez une boule à votre sein: CONSULTER. Pris à temps vous ne serez pas obliger de passer par d'aussi atroces épisodes.

1 commentaire:

  1. Ce récit est bouleversant. Oui, je fais partie de celles qui ont peur de la médecine, mais qui pourtant consulte régulièrement pour tout. Parce que ma tant a eu un cancer du sein qui a été à peu près soigné, mais qui s'est terminé en une longue agonie avec une tumeur au cerveaux. Je n'ai pas envie de vivre ça et de le faire vivre à mes proches.
    Alors tout le monde, consultez au moindre doute !
    Djahann

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