mercredi 6 août 2014

[Lettre à 16 ans] On ne peut pas être et avoir été


Et bien, il y a des jours comme ça où t'as pas forcément la pêche et tu reprends un brouillon de billet pour le blog et...ha bah zut, la lecture m'en a fait du bien.
 
Car quoiqu'il arrive, je reste une éternelle adolescence et replonge parfois dans mes 16 ans...Pourquoi? Je ne suis pas là pour y répondre mais pour te partager la lettre que j'écris à la fille de 16 ans que j'ai été.  

 
 
 
 
 
Aujourd'hui tu as 16 ans, des doutes et surtout des espoirs. Oh oui des espoirs. On va souvent te reprocher ton côté utopique mais rassures toi, à 32 ans tu l'auras encore. On te reprocheras ta véhémence et ton énergie, saches que ce n'est rien par rapport à ce que tu vas devenir. Tu te dis certainement aujourd'hui que tu en as marre de souffrir et de vivre des choses dures. Ne t'inquiète pas, la vie te réserves des choses bien plus atroces encore. Mais c'est pas grave car toi même tu sais que c'est ton essence.
 
Toi même tu sais que sans vivre la plaie ouverte tu n'es pas. Tu es une écorchée vive. Enfin...tu vas le devenir. Tes douleurs ne sont que superficielles. Et là je te vois sourire. Oh oui je te vois sourire. Timidement car la vie te fais peur, oui. Oui elle te fais peur. Mais tu sais quelque part au fond de toi que ce n'est que dans la douleur que se trouve l'essence même du sentiment. Et tu aimes ça. 
 
Tu vas l'aimer d'abord dans la facilité: L'amour. Il est tellement simple de souffrir en amour. De pousser l'autre à bout pour te pousser toi même dans tes retranchements. Tu vas descendre bien bas dans cette optique. Mais c'était nécessaire. Et tu le sais.
 
Mais tu restes encore superficielle dans tes ressentis. Tu ne vas pas encore au bout de toi même et tu n'y vas pas par peur. L'avenir te fais peur. Et tu n'as pas attendu d'avoir 16 ans pour en avoir peur. Tu as peur depuis ta plus tendre enfance. Tu te rappelles Angélique, quand enfant tu marchais dans les rues en remerciant le ciel de vivre en France et pas dans un pays en guerre? Tu te souviens encore à tes 16 ans du manque de confiance que tu avais pour le monde? Sache que tu n'avais pas tord. Le monde est devenu individualiste - Comme toi depuis toujours d'ailleurs dans ton principe de pensée - mais surtout il est devenu intolérant, ta plus grande peur. Ta peur était légitime.
 
Pendant longtemps tu as cru avoir peur du monde adulte. Déjà quand tu allais seule, à pied, à l'école primaire, le simple fait de t'autoprononcer à toi même le mot de lycéenne et de collégienne te faisait peur. Étudiant je n'en parle même pas. Tu fermais les yeux avec l'espoir que ça disparaisse. 
 
Est ce que je me dois de te parler de ton désir d'enfant? Non, toi même tu te dis que non car déjà à 16 ans tu avais compris que ce désir ne pouvait être partagé qu'avec l'amour. Ce fameux Amour, celui qu'on écrit en majuscule. 
 
Et des espoirs d'amour tu t'en doutes, tu en vivra. Beaucoup. Beaucoup plus que ce que tu ne l'avais imaginé.
Tu remettras beaucoup de choses en question. Et oui, il n'y a pas qu'à l'adolescence qu'on le vit. Encore après. Oui je vois ta moue. T'en a marre de souffrir sentimentalement. Mais dis moi Angélique...tu le cherches, non? Tu es volage. Assumes ma grande. Assume et tu vivra de belles choses, de beaux loisirs. Pourquoi je parle de "loisirs" en amour? Car tu vas connaître très très bientôt la sexualité.  Mais tu sauras un jour te poser, rassures toi. 
 
Donc la seule chose que je pourrais te dire c'est de continuer à vivre avec ton mode de pensée. Il n'y a que comme ça que tu deviendras grande. N'est pas peur de tes différences,  de tes rêves et de tes idéaux. C'est ce qui fera qu'à 30 ans passés, tu auras une belle paire de couilles dans le ventre. Presque exactement ce que tu voulais.
 
Quant au reste, je t'en laisse la surprise.  
 
 
Et n'oublie jamais: On ne peut pas être et avoir été.
 

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