mardi 18 septembre 2012

Grossesse et cigarette: Coupable!!!


Il y a des jours comme ça, la Une Hellocoton te choisi un article mais t'es bouche bée. Pas sur le choix de la sélection non, mais sur le contenu du billet. (ICI)

Bon, le sujet interpelle puisqu'il s'agit de la cigarette et la grossesse.
Le titre amenant déjà la couleur du contenu:
 
"Parce que fumer pendant la grossesse: Sentez-vous coupable, vous l'êtes..."
 
Je te jure qu'avant de cliquer j'ai pris peur. J'ai pris peur parce que je me suis dis que c'est bon c'est un appel à brûler au bûchers toutes ses femmes coupables de fumer durant leur grossesse et qui doivent donc rentrer dans la spirale de la culpabilité. Enfin, moi c'est ce que me fais ressentir le titre: Tu te sens coupables? Normal puisque tu l'es alors vas-y complaît toi là dedans toi petit bout de femme plein d'hormones qui n'arrive à rien contrôler de ses émotions et qui va nous taper une dépression pré natale.

 
Bon, allez, j'évite de m'arrêter à un titre quand même et je continue. Je lis. Une fois. Deux fois. Je m'interroge. Mes poils se dressent.
 
La blogueuse en question s'explique de suite: Elle veut donner son point de vue "sur les femmes qui continuent de fumer pendant leur grossesse." Ok. C'est un sujet intéressant.
 
C'est un sujet intéressant non pas parce que j'ai continué de fumer durant ma grossesse (J'y reviens après) mais parce qu'il est vrai qu'entre les médecins qui disent qu'il faut arrêter, les autres qui disent qu'il est préférable d'arrêter et les autres qui disent que pour les nerfs c'est pas forcément bon...bah de lire un avis sur la question, ça m'intéresse.
 
Elle nous explique alors être une ancienne grosse fumeuse. Elle nous dit même avoir arrêter du jour au lendemain dès qu'elle a su qu'elle était enceinte: Merde bravo parce que c'est pas donné à tout le monde d'arrêter du jour au lendemain quand même sans problème de nervosité, ou d'angoisse (nuisible à bébé également)
 
Ensuite elle fait part de son expérience mais pas vis à vis de l'arrêt du tabac (mince j'ai été frustrée du coup!) mais sur ce qu'elle voit: Une femme enceinte qui va chercher bambin à l'école et dont elle meurt d'envie de lui dire ce qu'elle pense.
 
Alors déjà, bah quand tu fumes alors que tu es enceintes, les regards assassins...ha tu les sens bien sur toi. Mais bien comme il faut. Tu te sens perpétuellement jugée, insultée intérieurement par ses regards. On parlait il y a peu du harcèlement de rue? Moi c'est enceinte que je l'ai eu. Et pas seulement sur la cigarette. Et c'est épuisant. Car quand tu es enceintes et que tu te balades ou que tu es en société: Ton corps ne t'appartient plus. Il appartient à ses regards. Soit d'admiration, soit de jugement. 
 
Ensuite elle cite cette femme "Oh oui moi je fumes et j'ai fumé avec tous les enfants alors bon". Et elle est outrée de ce commentaire. Bon ma foi je comprends. Mais remettons les choses dans leur contexte: Elle entend une "inconnue" dire ça. Ca ne m'étonnes pas. Parce que quand toute la journée t'es jugée sur ci ou sur ça tu claques ce genre de phrase qui quelque part veut dire: "Fout moi la paix avec ta morale et tes regards accusateurs." Elle culpabilises même peut être de cet état. On en sait rien. 
 
Alors oui, moi c'est exactement le type de phrase que j'ai déjà sorti aux gens. J'ai même sorti pire. "Quoi je fume? Bah alors, qu'est-ce que tu veux que ça me foutes?" C'était simplement une façon de dire STOP. Alors on est pas dans la tête des gens et les gens, c'est pas parce que tu vis une grossesse que tu te dois de donner tes culpabilités au premier venu. Naméo! 
 
Après elle nous explique qu'arrêter de fumer bah c'est qu'une question de volonté. Et si tu continue malgré tout "aies au moins l'intelligence et la responsabilité de tes actes et la culpabilité de ton erreur". Ouaih tu lis bien, juste parce que tu ne portes pas une lettre écarlate sur ton veston on te parle de manque d'intelligence, de manque de responsabilité, de culpabilité et d'erreur. Pourquoi? Car tu n'avoues pas au grand public que tu ne connais pas que tu sais que c'est pas bien de fumer durant ta grossesse: WTF? Il se passe quoi là? Il faute mettre à nu devant de parfait inconnu ta culpabilité et tes remises en question pour avoir un minimum de respect de la part d'autrui? J'ai envie d'hurler.
 
Bon ensuite, elle nous parle du cas classique de la nenette qui sort de sa consultation à la maternité et en allume une. Et dis "Car fumer à la maternité je trouve que c'est le comble". Alors oui, bah non, je ne savais pas qu'il y avais des endroits plus respectables que d'autre pour fumer quand t'es enceinte. Bref.
 
Je lis ensuite que cette dépendance est volontaire. Oui, nous sommes dépendant mais ça n'a rien à voir avec les connexions entre les neurones, rien à voir avec les gestes psychologiques ou autre, non. Non , non, non cherchez pas. C'est TOI qui a choisi d'être dépendant. Ouuh!!!!!! Les vilains!!!!! Pas beau!!!!!! D'ailleurs, je ne vois pas pourquoi la sécu rembourse 50€ par an pour arrêter de fumer! C'est jeter l'argent par les fenêtres! NOTRE argent! Vu que d'après ce que j'ai lu dans ce billet cette dépendance est volontaire. Bon, là faudrait revoir ses cours de chimie, car tout est une question de chimie. La cigarette, une drogue? Non. Si c'était une drogue, on ne pourrait pas dire que la dépendance est volontaire. si?! Oui moi aussi je suis perdue quand je lis ce genre de chose.
 
Alors ensuite, on apprend que c'est lamentable de ne pas s'arrêter de fumer pendant la grossesse, que ce n'est qu'une question de choix, et qu'il faut culpabiliser de faire quelque chose de mal. 
 
En même temps, quand t'es enceinte tu culpabilise sur tout: Oh j'ai pas assez dormi, oh j'ai pas bien manger, oh je suis restée trop longtemps debout, oh j'ai bu un café, oh j'ai touché un chat oh ceci oh cela oh pi MERDE!
 
Quand t'es enceinte, t'as les hormones en ébullition, t'es pas exactement la même qu'avant. Tu prends tout à coeur. Dans un sens, comme dans l'autre. Alors si j'avais été enceinte, et que j'avais eu l'occasion de lire ce billet, je serais rentrée dans une rage terrible. (Aujourd'hui non, je relativise la nature humaine....hum hum) Que celui qui est parfait me jette la première pierre. On as tous nos principes vis a vis de la grossesse: Fais pas ci fais pas ça........ est-ce qu'on doit pour autant enfoncer les femmes qui vivent un changement aussi important que la grossesse? Est-ce qu'on doit les blâmer en trouvant comme seule solution celle de crier haut et fort que c'est mal ce qu'elles font?! Non je ne crois pas.
 
Je suis contre également la cigarette pendant la grossesse. Mais cette personne à eu la chance de réussir à arrêter au jour même de sa grossesse: Clap! Clap! Clap! Car elle ne le dis pas mais apparemment sans sensation de manque ni envie de se jeter contre un mur? C'est bien. Oh oui, c'est bien.
 
Me concernant, j'avais presque arrêté. (Oh je l'avoue en public! Ca y est, je suis quelqu'un de respectable!! :)) Et puis à 7 mois de grossesse on me dit que je vais peut être subir un avortement thérapeutique. (Rien avoir avec la cigarette, billet ICI) Pof, je replonge. J'étais pas bien. En plus j'ose me trouver des excuses. Donc après lecture de ce billet je suis irresponsable: Je me trouve des excuses. Mais oui. J'étais pas bien. Bébé que je sentais bouger allait peut être devoir mourir. Génial. Au final tout va bien. Cool!
Ah ben tiens, ma mère rentre à l'hôpital et n'a qu'une angoisse: Ne pas voir son premier petit fils. Moi j'ai qu'une angoisse: perdre ma mère. Bah oui, ma consommation de clopes a augmenté. Je culpabilise? Euh....entre la clope et mes problèmes perso...j'ai d'autre chose sur lesquelles je culpabilise tel que je l'ai expliqué ICI. Et après elle meurt. J'ai même pas encore accouché. J'étais enceinte mais je n'étais plus maman. J'étais qu'une fille en deuil. Qui portait son petit enfant. Alors j'ai fumé, fumé, fumé. J'avais qu'une envie; Me prendre une cuite. Je l'ai pas fait. Alors j'ai fumé, fumé, fumé.
 
Tout ça pour dire que...c'est beau la volonté. C'est beau de prétendre qu'on peut arrêter du jour au lendemain sans que bébé ne ressente le manque. Ouah.
 
Mais faudrait voir à pas juger trop rapidement autrui: Entre ce qu'il fait, ce qu'il dit, si c'est pas notre amis on ne peut pas être convaincu de son niveau de dépendance (pas du nombre de clope mais son type de dépendance) et on ne peut pas connaître son histoire. Car au final si il y avait effectivement un bouton qui s'appelait VOLONTE qu'il suffirait d'actionner, on serait en fait des robots, sauf qu'en définitif, nous ne sommes que de pauvres êtres humains.
 
Alors c'est bien beau de faire un billet pour taper sur la femme enceinte qui fume en mentionnant "Tout le monde fais ce qu'il veut" mais en attendant, le jugement et le regard assassin sont là et quand on gratte bien, il y a de l'irresponsabilité dans chacun de nous. 

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