lundi 16 janvier 2012

Avortement thérapeutique

Avortement thérapeutique

La semaine passée, je vous ai parlé de mon expérience concernant l'amniocentèse.


Et on ne passe pas une amniocentèse sans parler d'avortement thérapeutique.



Car l'amniocentèse est là pour ôter un doute au corps médical et aux parents concernant les gènes d'un enfant et ses éventuelles anomalies.



Est-ce qu'il viendra avec un lourd handicap ou pas?



Dans le cas où l'examen révèle une anomalie génétique, la question se pose: le garder, se préparer, avorter?



Personnellement, j'étais à 6 mois de grossesse quand j'ai passé cet examen. Comptez presque un mois pour avoir les résultats. Si les résultats avaient été mauvais, alors on aurait pu me proposer l'avortement thérapeutique selon la gravité du handicap. Donc à 7 mois.



A 7 mois on sent déjà plusieurs fois par jour bouger son bébé. Il est là, il est réel, il est présent. Il existe.





*





Quand on m'a parlé de cette éventualité, je n'ai pas pu m'empêcher de fondre en larmes. Je ne m'imaginais pas une seule seconde tuer ce bébé que je n'avais même pas encore eu l'occasion de rencontrer.



Les médecins ont tenté de me rassurer en me spécifiant que c'est en cas extrême.



Mais voilà, le mot était lâché, la possibilité était là.



Il m'a fallu voir ça avec le papa. Si tel est le cas, qu'est-ce que l'on fait? On le garde ou pas?



La decision fut très vitre prise: On ne le gardera pas. 



 

*





J'ai été perturbé par cette pratique que je ne connaissais que de trop loin. Tellement que j'en ai parlé à toutes les mamans que je trouvais dans mon entourage.



Toutes m'ont expliqué que lorsque l'on est pas prêt à assumer l'handicap d'un enfant, il ne faut pas culpabiliser et pratiquer cet avortement.



Oui mais...



Oui mais pour moi ça ressemble un peu à:



1. de l'eugénisme

2.  de l'euthanasie.



Déjà pourquoi, sous pretexte d'une anomalie, on déciderait de la vie ou non d'un enfant? Qu'est ce qu'une anomalie aux yeux des médecins aujourd'hui et qu'elles seront ses anomalies dans dix, vingt ou trente ans? 



Si, au 6ème mois de grossesse j'avais fait une fausse couche...enfin un accouchement très très prématuré et que mon enfant était mort né: J'aurais été obligé de le déclarer car à cet âge il est reconnu en tant que personne par la société. 



Mais si - toujours au 6ème mois de grossesse - on avait décellé une anomalie génétique, j'aurais pu choisir que mon enfant ne vive pas sans avoir besoin de le déclarer. Pourquoi? Car s'il y a une anomalie génétique il n'est pas considéré comme une personne aux yeux de la société? Je ne le comprend pas.



Pourquoi cette selection sur les bébés qui ont le droit d'être des personnes et les autres qui ont juste le droit de mourir dans l'anonymat? Je ne le comprend pas.



Mais quelque part, tout en me disant que je ne le comprend pas, je le comprend. Comment nous laisser la LIBERTE d'avortement si on est obligé de reconnaître en temps que personne ce bébé? C'est un dilemne qui m'a véritablement perturbé durant cette période.



Alors oui, il est vrai que c'est quand même mieux d'alléger les souffrances d'un enfant avant même qu'il ne vienne au monde. On lui épargne alors une vie de douleur. C'est humain et compréhensible d'épargner cela à un enfant.





*





Beaucoup de mère m'ont dit que concrètement elles n'auraient pas eu la force d'élever un enfant avec un lourd handicap. Ok, je le comprend car moi non plus, d'où ma décision. Notre décision.



Mais la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Est-ce que les enfants nés viables et en bonne santé sont vraiment à l'abri d'un quelconque danger? D'un quelconque handicap? Non.



Et les enfants à qui il arrive un tragique accident et qui sont encore en vie? Est-ce que vraiment leur mère n'ont pas trouvé la force pour s'en occuper, continuer à l'aimer et lui donner toute la force possible pour dépasser tous ça? Si. 



En fait chaque mère est prête à vivre l'inssurmontable pour son enfant. C'est juste pas facile, pas évident, mais nous y sommes obligé car sinon sur qui pourrait compter l'enfant si ce n'est sur ses parents?



Mais ce n'est jamais pareil quand on a le choix. Et c'est bien d'avoir ce choix, tout en étant tortueux pour l'esprit. C'est un peu le principe même du choix que d'être tortueux. Quand cela touche à la vie, c'est beaucoup plus déroutant que n'importe quel autre choix.  



Et puis pourquoi avoir le droit de tuer le poussin dans l'oeuf là où nous n'avons pas le droit de tuer le poussin hors de l'oeuf?



Par là je veux dire: pourquoi devons nous voir nos proches condamnés, condamnés à la souffrance pérpétuelle là où s'ils avaient été dans un utérus ils auraient eu la possibilité de partir?



Pourquoi l'euthanasie n'est-elle pas autorisée pour les humains hors de l'utérus alors que dans l'utérus cette pratique est autorisée?



Pourquoi cet entêtement contre l'euthanasie là où pour les foetus cela est possible?



Dans une société d'accord pour dire qu'à un certain stade un foetus est un être à part entière, on ne laisse le choix de la non souffrance qu'à ses seuls êtres?



Je ne le comprend pas.



 

*

 

Donc voilà, cet examen que j'ai du passer et la notion d'avortement thérapeutique a vraiment chamboulé mon esprit avec de multiples interrogations qui se succédent, qui se mélangent, qui se contre disent, sans trouver aucune réponse à part celle de me faire avorter si il avait été atteint d'un lourd hadicap.



Mais si cela était arrivé, comment aurais-je géré la suite avec toutes ses interrogations? Encore une chose que je ne sais pas.

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